Tarifa - paradis des surfeurs...

30.11.2008
Posté par Astride Schlaefli





Une vieille ville coquette, et surtout une rue où se suivent les magasins de kite surf, planche à voile et autres...Pleins d'articles hyper lookés.



Mais surtout la mer et les vents...



C'est sur cette même plage de los Lances que s'est échouée la première patera, le 1er novembre 1988. Depuis, plus de 18'000 personnes identifiées sont mortes en essayant d'atteindre les côtes espagnoles par le détroit de Gibraltar. Quant à celles qui ont survécu, difficile de se faire une idée...entre celles qui ont été attrapées par la Guardia Civil, celles qui n'ont pas été arrêtées et qui vivent maintenant sans papiers en Espagne ou plus loin, en France, en Suisse, en Italie, en Norvège...

Je suis allée me renseigner dans les bureaux de la Guardia Civil: la dernière patera s'est échouée il y a 7 jours aux abords de la plage de Bolonia, à 20 kilomètres d'ici. Une trentaines de personnes. Toutes ont survécu. 5 d'entre elles attendent en ce moment dans la pièce d'à côté. Il s'agit de Marocains, qui vont être renvoyé d'ici peu, le temps de régler quelques détails administratifs. J'en ai vu un, mais je n'ai pas pu lui parler. Pas grave, vu la bonne grâce avec laquelle les policiers répondent à mes questions en dialecte hispano-anglo-français.

En ce qui concerne les renvois, c'est assez simple: les ressortissants du Maroc, de l'Algérie, de la Mauritanie et du Nigéria sont renvoyés dans les plus brefs délais, en vertu des accords passés entre ces pays et l'Espagne. Pour les autres ou ceux qui ont perdu leurs papiers, ils sont placés dans de petits camps, d'où ils ont 40 jours pour s'échapper et disparaître dans la nature. (Très simplifié.)

Le service de surveillance des côtes basé à Algeciras utilise des radars capables de détecter les petits bateaux en pleine nuit à 10 kilomètres. Dans ces circonstances, les pateras qui atteignent leur but sont accueillies par la police et la Croix rouge à leur point d'arrivée.

L'agent avec lequel j'ai parlé le plus longtemps m'a raconté qu'il y a encore 5 ans, son équipe savait si une patera allait débarquer en fonction des plaques d'immatriculation des voitures et des minibus qui se promenaient dans les collines avoisinantes. S'il y avait tout à coup plus de véhicules d'Almeria, de Huelva ou de Murcie, c'est que quelque chose se préparait pour la nuit. Des agriculeurs peu scrupuleux venaient chercher leur main d'oeuvre bon marché. De là à dire que les réseaux de passeurs travaillaient main dans la main avec la mafia de la fraise et de la tomate...Pour lui, ça ne fait aucun doute.

Mais la situation a changé. Les Roumaines, Ukrainiennes et autre les ont remplacés. Et si vraiment il manque encore de travailleurs sous les serres, des cargaisons de femmes marocaines - mères de préférence pour être sûr qu'elles ne restent pas - viennent légalement travailler pour 35 euros de la journée. Elles ont des visas, puisque le Maroc et l'Espagne travaillent conjointement dans ce cadre-là. Vaste débat.

Bref, en tous les cas, les passages par le détroit dans la région ont radicalement diminué et sont aussi moins organisés. Les passeurs ne s'aventurent d'ailleurs plus en mer, et laissent les commandes des embarcations aux plus costauds.

Il reste les Canaries, l'Italie, Lampedusa...et les femmes européennes à marier. Quelques articles parus dans les journaux ont attiré mon attention avant le départ. Harcèlement de touristes femelles seules au Maroc, en Egypte et ailleurs. Je connais le phénomène, je l'ai subi en Inde. Je me réjouis déjà. Cette fois, j'ai des micros.



Je passe demain.

30.11.2008 18:37 Lien permanent 1 Commentaire(s) Imprimer le billet


Je me réjouis de votre visite sur mon carnet de voyage

Dans ce blog vous avez l'occasion de me donner votre avis personnel sur mon voyage. Alors n'hésitez pas !
trudi les bons tuyaux de bienne, a écrit le 01.12.2008 09:09

je vois que tu arrives dans le vif du sujet... je découvre une réalité gibraltarienne que je ne connaissais point, et j'attends la suite avec curiosité (si tu te maries, je veux être témoin!).
sur le blog, et comme tu l'as spécifié au début, tu ne peux pas tout mettre, et évidemment que j'en reste frustrée!!!
ce sera d'autant plus motivant de découvrir ce que tu feras de tout ce matériel et de toutes ces expériences...
je repasserai demain pour voir la suite!

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