Tanger, mi-décembre 2008 - au port, la Suisse, les diamants et le fromage

01.05.2009
Posté par Astride Schlaefli

3 vieux pêcheurs, 3 pipes de kif. Une discussion fragmentée, beaucoup de rires mais pas de photos. Au Maroc, les gens n'aiment pas trop les photos. On y arrive souvent à coup de dirhams, mais bon...c'est pas seulement ça. Aussi un autre rapport à l'image.

J'ai passé beaucoup de temps au port, au vieux port. Un nouveau port, immense, se situe à 35 kilomètres de Tanger. C'est un des premiers chantiers de Mohammed VI, qui s'applique à réveiller économiquement le nord du pays, moins attractif pour les touristes. Surtout depuis que le kif est moins facile à obtenir, les temps changent...

Bref, le port. Des photos de pas très loin et une discussion pas trop personnelle, juste en passant. Les petits vieux étaient pétés, curieux mais aussi un peu inquiets. Jolies pipes, mais pas pour la photo.

Un extrait:


on s'approche du vieux port par le sud



une vue depuis le nord



le port depuis ma chambre



C'est tout pour le port via internet. Les ruelles qui bordent l'accès au port regorgent de bars interlopes un peu glauques (on est loin du café Hafa de Tahar ben Jelloun), dans lesquels j'ai eu quelques discussions intéressantes, parmi beaucoup de blabla et de drague à deux balles. Que des hommes dans les bars, comme partout au Maroc. Pas pratique.

01.05.2009 11:41 Lien permanent 0 Commentaire(s) Imprimer le billet


Joyeuses Pâques et ça continue!

12.04.2009
Posté par Astride Schlaefli

Le blog s'est interrompu à Ceuta. Il m'a fallu presque trois mois pour retrouver le fil.

Rien de grave, juste un problème très basique...Comment continuer à mettre les sons que je suis venue chercher sur un blog, alors que les gens ne savent pas que je les enregistre??

Parce que si je parlais de micro, je n'avais simplement plus d'interlocuteur. Donc, dans l'urgence du moment, j'ai choisi de ne plus leur parler de mon équipement technique (les micros étaient de toute façon très discrets dans mes oreilles), et par contre d'attendre mon retour en Suisse et la suite de mon travail pour décider quoi faire de tout ça. De plus, les connections internet étant très instables dans les cafés que je fréquentais, il n'était pas rare que j'aie besoin de deux heures pour envoyer un fichier audio de 10 Mo sur internet, que cela soit à une adresse mail via Yousendit ou sur le blog, qui se déconnectait joyeusement à tout moment à cause des variations de Kbits qui passaient dans les câbles...

Bref, je suis donc revenue en Suisse avec une vingtaine d'heures d'enregistrement à couper, nettoyer, filtrer...et j'ai commencé à travailler en parallèle avec des requérants d'asile en attente ici. Ce qui m'aide à y voir plus clair dans mon dilemme.

J'en étais restée à l'Aïd. Ca tombe bien, pour Pâques. Une fête religieuse pour en illustrer une autre.



Tetouan, mi-décembre 08. Bonne ambiance, mais déjà froid. Et quelques images qui, hors contexte, s'apparentent à un drôle de cauchemar.



De quoi évoquer le sacrifice d'un point de vue biblique.



Et une version marocaine du barbecue. Ou quand les gens savent encore ce que ça veut dire de tuer une bête. Moi, j'achète en général dans du plastique dans les supermarchés, ou déjà bien coupé et tout joli à la boucherie.



Une petite pause festive, jouer à la touriste. Ne pas trop parler, ne pas les faire parler. Je devais retourner à Tanger le lendemain.


12.04.2009 16:11 Lien permanent 0 Commentaire(s) Imprimer le billet


Ceuta - joyeux Noël et barbelés

07.12.2008
Posté par Astride Schlaefli

Ceuta: une enclave espagnole de 18, 5 km2 sur sol marocain, pas loin de Tanger et de Tetouan et en face de Gibraltar.

Il y a 2 Ceuta. La ville espagnole et la ville marocaine. Je savais pas, c'est d'ailleurs écrit nulle part. Quelques images de la ville espagnole:



(j'avais oublié que c'est bientôt Noël...)





et quelques unes de la ville marocaine:





(jamais vu autant de cartons partout. Pas tellement de plastique ou d'ordures en général, surtout des cartons...)



les maisons-containers-boîtes de conserve, construites en quelques jours...

les deux communautés ne se fréquentent guère. Elles ont du reste des histoires bien différentes. Les Espagnols y sont en gros depuis le début du XVII ème siècle, et ont développé depuis lors une certaine mentalité d'assiégés, rejoignant en cela les habitants de Gibraltar vis-à-vis de l'Espagne. D'ailleurs, l'Espagne revendique Gibraltar autant que le Maroc Ceuta.

Les Marocains quant à eux y sont à la fois depuis bien plus longtemps et depuis plus récemment. Beaucoup y sont arrivés depuis que cette ville représente une porte d'entrée très concrète vers l'Europe. Ils s'y sont alors installés dans des conditions qu'ils n'auraient peut-être pas acceptées au Maroc. Mais parce qu'ils sont si près du but, alors pourquoi pas vivre un moment au milieu des détritus, avec une vue directe sur le mur qui les entoure.

Chaque Marocain ou Marocaine à qui j'ai demandé comment il ou elle trouvait Ceuta, m'a dit que ça lui plaisait beaucoup. Mais je crois qu'on parlait d'autre chose. J'ai appris plus tard que leur quartier s'appelle autrement: "Principe". Eux, ils devaient parler du centre, de la vieille ville de Ceuta. Ou alors vraiment, il existe autre autre façon d'évaluer son existence, en fonction des espoirs que l'on met dans un futur plus ou moins proche...

La frontière est ahurissante. Il y en fait deux points de passage, mais j'en ai vu qu'un...un mélange entre un no man's land, un marché noir, un camps de transit, des gamins qui s'accrochent à n'importe qui, des postes de douaniers installées dans des containers, des jeunes au regard vitreux qui tournent autour, un cocktail d'uniformes marocains et espagnols... Et surtout une foule monstrueuse, dont une partie connaît les formalités passage, pendant que l'autre erre en regardant partout et en posant des questions, complètement perdue. C'est pas forcément toujours comme ça, m'a-t-on assuré. Il y a d'un côté la saint Nicolas, de l'autre bientôt l' Aïd-el-Kebir...ça explique.

Je n'ai pas pris de photos du point de passage, mon téléphone portable a déjà disparu en quelques minutes dans la bousculade, et je ne voulais pas faire subir le même sort à l'appareil photo.

Je me suis rabattue sur le mur...la partie grise sur le jaune correspond à ce qui a été réhaussé après que des groupes de jeunes Africains l'aient escaladé en 2005, lors de la vague d'assauts d'immigrants dont les médias se sont alors largement emparé. Il fallait réagir. La frontière a pris deux bon mètres de hauteur en plus sur tout le pourtour, et des caméras sont venus compléter l'arsenal. Ouf, le problème est reglé.






07.12.2008 20:00 Lien permanent 3 Commentaire(s) Imprimer le billet


Tanger - le miroir aux alouettes

04.12.2008
Posté par Astride Schlaefli

La côte espagnole semble à portée de doigts...les habitants des quartiers parmi les plus défavorisés de la ville ont d'ailleurs la meilleure vue sur le détroit.



Une vision saisissante; de la kasbah, on sort par une vieille porte en ruine dans la muraille, et et les yeux plongent dans l'eau, sans transition et sans barrière de sécurité. Sans filtre.

Des gens contemplent à tout moment de la journée cette vue incroyable. Ils s'arrêtent là, et méditent ou discutent. ici on parle arabe, français, espagnol, berbère, anglais, allemand. Tanger a toujours été une ville internationale...



Pas très loin, les tombeaux phéniciens offrent également un beau point de vue...



Tanger, c'est aussi le point d'arrivée des migrants de l'Afrique subsaharienne, qui errent comme des fantômes dans les alentours du port. Ils y sont presque! L'Europe est là, ils la voient...

Bref, "Partir" de Tahar ben Jelloun (2004) donne une description très précise de la Tanger des ports, des départs, des espoirs, des magouilles etc. Je ne vais pas m'étaler là-dessus, ceux qui s'intéressent vraiment au sujet et à cette ambiance bien particulière liront le livre.

Des organisations telles qu' Al Amal organisent chaque été des activités pour enfants et adolescents qui mettent en garde contre les dangers de l'immigration clandestine, en même temps qu'ils proposent des alternatives au passage du détroit, comme des cours d'alphabétisation, ou des même des formations. Beau travail, qui porte ses fruits.

Maintenant, la Tanger sonore:



Après quelques essais bourrés de "salut" / "ça va?" / "tu viens boire une verre?" / "t'es magnifique" / "tu voyages seule?" / "il est où ton mari?" / "tu fumes?" / "t'es dans quel hôtel?" etc...

J'ai mis un grand foulard sur la tête, mes grosses lunettes et un pull sur le ventre simulant un bon 6ème mois de grossesse. Comme ça j'ai pu entendre la ville.




04.12.2008 20:33 Lien permanent 1 Commentaire(s) Imprimer le billet


Tarifa - paradis des surfeurs...

30.11.2008
Posté par Astride Schlaefli





Une vieille ville coquette, et surtout une rue où se suivent les magasins de kite surf, planche à voile et autres...Pleins d'articles hyper lookés.



Mais surtout la mer et les vents...



C'est sur cette même plage de los Lances que s'est échouée la première patera, le 1er novembre 1988. Depuis, plus de 18'000 personnes identifiées sont mortes en essayant d'atteindre les côtes espagnoles par le détroit de Gibraltar. Quant à celles qui ont survécu, difficile de se faire une idée...entre celles qui ont été attrapées par la Guardia Civil, celles qui n'ont pas été arrêtées et qui vivent maintenant sans papiers en Espagne ou plus loin, en France, en Suisse, en Italie, en Norvège...

Je suis allée me renseigner dans les bureaux de la Guardia Civil: la dernière patera s'est échouée il y a 7 jours aux abords de la plage de Bolonia, à 20 kilomètres d'ici. Une trentaines de personnes. Toutes ont survécu. 5 d'entre elles attendent en ce moment dans la pièce d'à côté. Il s'agit de Marocains, qui vont être renvoyé d'ici peu, le temps de régler quelques détails administratifs. J'en ai vu un, mais je n'ai pas pu lui parler. Pas grave, vu la bonne grâce avec laquelle les policiers répondent à mes questions en dialecte hispano-anglo-français.

En ce qui concerne les renvois, c'est assez simple: les ressortissants du Maroc, de l'Algérie, de la Mauritanie et du Nigéria sont renvoyés dans les plus brefs délais, en vertu des accords passés entre ces pays et l'Espagne. Pour les autres ou ceux qui ont perdu leurs papiers, ils sont placés dans de petits camps, d'où ils ont 40 jours pour s'échapper et disparaître dans la nature. (Très simplifié.)

Le service de surveillance des côtes basé à Algeciras utilise des radars capables de détecter les petits bateaux en pleine nuit à 10 kilomètres. Dans ces circonstances, les pateras qui atteignent leur but sont accueillies par la police et la Croix rouge à leur point d'arrivée.

L'agent avec lequel j'ai parlé le plus longtemps m'a raconté qu'il y a encore 5 ans, son équipe savait si une patera allait débarquer en fonction des plaques d'immatriculation des voitures et des minibus qui se promenaient dans les collines avoisinantes. S'il y avait tout à coup plus de véhicules d'Almeria, de Huelva ou de Murcie, c'est que quelque chose se préparait pour la nuit. Des agriculeurs peu scrupuleux venaient chercher leur main d'oeuvre bon marché. De là à dire que les réseaux de passeurs travaillaient main dans la main avec la mafia de la fraise et de la tomate...Pour lui, ça ne fait aucun doute.

Mais la situation a changé. Les Roumaines, Ukrainiennes et autre les ont remplacés. Et si vraiment il manque encore de travailleurs sous les serres, des cargaisons de femmes marocaines - mères de préférence pour être sûr qu'elles ne restent pas - viennent légalement travailler pour 35 euros de la journée. Elles ont des visas, puisque le Maroc et l'Espagne travaillent conjointement dans ce cadre-là. Vaste débat.

Bref, en tous les cas, les passages par le détroit dans la région ont radicalement diminué et sont aussi moins organisés. Les passeurs ne s'aventurent d'ailleurs plus en mer, et laissent les commandes des embarcations aux plus costauds.

Il reste les Canaries, l'Italie, Lampedusa...et les femmes européennes à marier. Quelques articles parus dans les journaux ont attiré mon attention avant le départ. Harcèlement de touristes femelles seules au Maroc, en Egypte et ailleurs. Je connais le phénomène, je l'ai subi en Inde. Je me réjouis déjà. Cette fois, j'ai des micros.



Je passe demain.

30.11.2008 18:37 Lien permanent 1 Commentaire(s) Imprimer le billet


Gibraltar - shopping paradise!

29.11.2008
Posté par Astride Schlaefli

Bienvenue à Gibraltar!

tout d'abord, le plan:



Attention à ne pas se méprendre sur les dimensions: on n'est à Gibraltar qu'à partir de la grande digue (à droite de l'image, en haut) et des deux sortes de pistes qui vont dans l'eau.

Gibraltar est tax free...





les spécialités locales:





(il y a aussi un bus rouge à deux étages...)











(ils ont aussi leur propre réseau de téléphone, et produisent leur propre eau, la règle de base étant de ne RIEN importer de l'Espagne.)

Et donc, on importe tout de plus loin. Il y un port, et surtout un aéroport.Comme c'est pas très grand, la piste fait partie aussi du réseau piéton (quand même faire attention en traversant...):


à droite:


à gauche:


Regarder le ballet avions/piétons depuis le petit café de l'aéroport fait partie de la mince palette de hobbies des autochtones. La fréquentation des avions doit s'approcher de celle de Belp, donc il y a relativement peu d'accidents.

29.11.2008 00:06 Lien permanent 1 Commentaire(s) Imprimer le billet


Algeciras, la Costa del Sol!

27.11.2008
Posté par Astride Schlaefli






27.11.2008 21:34 Lien permanent 0 Commentaire(s) Imprimer le billet


Surprise

27.11.2008
Posté par Astride Schlaefli







C'est pas la mer de plastique des tomates d'Almeria, et la bonne nouvelle, c'est qu'il n'y a pas de chauffage à l'hôtel.


27.11.2008 20:36 Lien permanent 0 Commentaire(s) Imprimer le billet


Grenade - al Andalus - les Arabes d'autrefois, suite

25.11.2008
Posté par Astride Schlaefli

Grenade, dernier bastion arabe tombé aux mains des Rois Catholiques en janvier 1492. Il paraît que cet événement représente encore la perte d'un paradis pour nombre d'Arabes...

Du coup, nombre de jeunes Espagnols se convertissent à l'Islam ici. Comme ça, ils sont au paradis, non?



Ont été importés, élaborés, inventés ou développés en Andalousie entre 700 et 1492: le papier, le glaçage décoratif des céramiques, les mélanges textiles avec la soie ou même la soie pure, les parfums à base de rose, de fleur d'orangers et de citronniers, de violette, de myrthe, la cuisine avec l'origan et le basilic, l'éclairage public...



...les bains, les soins dépilatoires, les madrassas, l'astrolabe (les modèles retrouvés dans la région indiquent d'ailleurs qu'il y avait une évolution constante et un souci de progrès), les technologies hydrauliques - dont les norias et les moulins à grains -, les instruments de navigation...



la médecine par les plantes et la chirurgie, l'astronomie et les mathématiques de l'Antiquité grecque (pendant qu'ailleurs, et pendant longtemps, ces écrits ont été considérés comme l'oeuvre du diable...)



Bref, et j'en ai oublié des tas. En tous les cas, la politique de tolérance et de collaboration entre les communautés a porté ses fruits à cette époque. Grâce aussi au fait que l'âge d'or de l'Islam avait les qualités d'une éponge: tout ce qui semblait bon à prendre a été intégré, amélioré et appliqué. Dans tous les domaines, et de l'Inde à l'Espagne...


(à écouter en regardant les photos, un petit retour en arrière...


   )

25.11.2008 21:45 Lien permanent 5 Commentaire(s) Imprimer le billet


Huelva - les fraises de Christophe Colomb

21.11.2008
Posté par Astride Schlaefli

ça va être plus long cette fois...

Huelva est une petite ville très industrielle entre le delta du Rio Tinto et celui du Rio Odiel, à 70 km du Portugal en suivant la côte méditerranéenne.

A Huelva, il y a tout plein de compagnies de bus qui proposent des allez-retour Espagne-Roumanie. A peu près 3 jours de trajet pour 115 €. En tous cas moins cher que l'avion.









On voit de la publicité pour ces compagnies jusque sur les murs des maisons...



Entre 1999 et 2004, La Guardia Civil a restructuré son système de surveillance anti clandestins au large du détroit de Gibraltar. Une  « frontière électronique » a été mise en place entre Barbate et Algésiras, avec miradors, caméras thermiques et infrarouges, hélicoptères et patrouilleurs maritimes. L'Espagne a consacré plus de 150 millions d'euros à l'amélioration de son système intégral de surveillance extérieure.

Résultat, le nombre de clandestins appréhendés aux Iles Canaries a augmenté de 574% en 2005.

(Je me base sur les informations de divers sites internet que je cite à la fin de cette page. Je ne garantis donc pas l'exactitude des dates et des chiffres, c'est d'ailleurs pas très important pour mon travail. Ca donne juste une idée.)

Bref, vu la situation et le manque de main d'oeuvre en résultant soudain, les agriculteurs de la fraise de Huelva ont fait appel à une autre main d'oeuvre, pas chère non plus, les femmes de Roumanie...(et de Bulgarie, Ukraine, Moldavie, etc...). (Je vous laisse à ce sujet visionner le documentaire de la TSR, dont le lien se trouve en bas de cette page. Je ne m'attarderai pas non plus sur sur les aspects sociaux et moraux des conditions de travail dans la région pour ces personnes, la TSR l'a déjà très bien fait.)

Voilà donc l'explication des bus. Il y a quand même encore pas mal de Marocains, Maliens, Sénégalais et autres dans la région, assez contents de voir arriver cette main d'oeuvre féminine, vu le peu de contacts qu'ils ont avec les Espagnoles...

J' ajoute ici ici une petite précision: la saison des fraises est terminée. Tous les travailleurs de la fraise que j'ai rencontré et avec qui j'ai parlé s'apprêtent à rejoinder Jaen, une ville plus au nord, pour la récolte des olives. Une fois les olives finies, ils reviendront aux fraises...fin janvier.

(Je vous fait grâce de mes enregistrements en espagnol, anglais et russe, j'ai pas le temps de tout traduire).

Je continue, et vous présente: les fraises de Huelva! (dès fin février dans votre Coop, Migros, etc.)



une autre vue:



et encore une autre:



Et maintenant une spéciale, avec les industries de Huelva en arrière-plan:



Et une dernière, avec les engrais: (ça sent très fort le collier anti-puce pour chat, ça dit quelque chose à quelqu'un? je m'y connais pas assez...)



Je me permets également de vous faire écouter le bruit des zones industrielles dans lesquelles poussent les fraises huelviennes: (en regardant la photo, comme d'habitude - et en mettant les écouteurs svp)





(ce n'est pas mon micro qui sature, c'est les fils électriques au-dessus de ma tête)

Ironie de l'histoire, c'est exactement depuis ici que Colomb est parti à la découverte de ses Indes. Sa statue au loin, énorme parmi les usines, les fils et les fraises:



Et voici ses trois bateaux, (reconstruits à l'échelle):



et l'endroit exact d'où il s' en est allé:



(Le petit port est complètement ensablé. La faute en partie au tremblement de terre de Lisbonne (XIIIème siècle). On peut se demander d'ailleurs pourquoi Colomb est parti de là, plutôt que de Cadix où toutes les infrastructures auraient été à disposition...Une des raisons est bien simple: quelques mois avant, en janvier 1492, les Rois Catholiques décidèrent l'expulsion des Juifs des royaumes de Castille et d'Aragon. Il devait donc y avoir du monde dans les grands ports...)

En passant, encore un aspect de l'Histoire souvent oublié: le moine dominicain Bartolomé de las Casas, révolté par la brutalité avec laquelle les conquistadores traitaient les indigènes dans les îles, persuada le légat du Pape qu'ils avaient une âme et proposa de les remplacer par...des Africains. Le début de l'esclavage noir dans les nouvelles terres.

J'ai donc bouclé la boucle, entre les bus de Roumaines, les Africains, les Juifs, les fraises et Christophe Colomb. Des histoires de bateaux qui partent, de bateaux qui arrivent, de bus, de travail, d'usine, de monoculture intensive, d' Inquisition, de gens qui partent s'installer dans les colonies espagnoles du Nouveau Monde et d'esclaves africains qui les suivent et des gens qui arrivent en Europe pour travailler...

En conclusion de cette très longue page, une reproduction de statue aztèque tout près du port de Palos de la Frontera:



Sale gueule. Il vient de goûter une fraise.





liens: http://www.jeuneafrique.com, www.grands-reporters.com, www.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=311201&sid=4834004 (documentaire sur les fraises de Huelva), http://www.afrik.com, http://www.tunezine.com, ttp://medias.lemonde.fr.

21.11.2008 22:22 Lien permanent 1 Commentaire(s) Imprimer le billet