interlude 2
Qu’est-ce que tu aimes le plus en Suisse?
La tranquillité. Tu n’as pas d’emmerdes (...). En Afrique, à chaque moment, tu attends le pire. Ici, je suis tranquille, en paix. (...)
Et qu’est-ce que tu aimes le moins en Suisse?
Ce que j’aime le moins, c’est les histoires de papiers. (...). Bon, d’un autre côté, depuis que mon permis a été délivré, on ne m’a jamais envoyé un papier, demandé de retourner à Berne, jamais eu besoin d’avocat, etc... Mais quand ton asile a été accepté, j'aimerais qu’on donne un bon papier, qui permette de travailler normalement, c’est de ça que j’aurais besoin. Pas besoin de „L“ et puis traîner, tourner, tourner, (...): quand tu as permis „L“, on ne te donne pas de boulot.
Si, en admettant que tu es de retour en Côte d’Ivoire, et un de tes amis ou amie là-bas te dis, „ah, toi tu étais en Suisse, moi j’aimerais bien y aller“, qu’est-ce que tu lui dirais?
Je lui dirai non.
Tu lui diras non, tu lui expliqueras?
Oui, bien sûr, parce que j’ai vécu l’expérience, je vois déjà ce qui se passe, je lui dirai non, je lui expliquerai mieux, peut-être qu’il comprendra.
23.10.2008 20:03 Lien permanent 0 Commentaire(s) Imprimer le billet
interlude
(...) est-ce que tu as choisi la Suisse?
Non...pas du tout, je n’ai pas choisi la Suisse, j’étais contraint. Je ne voulais jamais quitter on pays en fait. Parce que j’avais un bon boulot, das amis chez moi, je vivais tranquille.
(...) mais alors qu’est-ce qui s’est passé?
Tu sais, dans l’armée chez nous, suivant les endroits, on fait des sales coups...voilà. la quasi totalité avait refusé. Et moi j’ai commencé, la quasi totalité avait refusé. Ceux qui avaient les fusils servaient le régime en place et ils nous ont envoyé faire ce boulot. Quand tu refusais,(...) on essayait de t’éliminer immédiatement.
Tu refuses de faire un travail dans l’armée, et donc tu dois partir?
Mais non. On t’élimine.
Donc tu dois partir si tu veux survivre!
Oui, bien sûr, puisque la majorité des hommes avec qui j’étais, ils ne savaient pas que ça allait tourner ainsi, mais la majorité a été éliminée, donc je ne pouvais pas rester.
Tu es entré dans l’armée...
Je voyais une belle image à défendre...
Et un travail, finalement...?
Oui, un travail. Et en plus je pensais que cette armée c’était pour une bonne cause...défendre ce que tu pouvais. Je ne savais pas que ça pouvais tourner autrement; essayer d’éliminer quelqu’un qui n’avait rien fait...L’armée est faite pour défendre le pays, par pour éliminer des ressortissants de ce pays!
(...)
18.10.2008 21:35 Lien permanent 0 Commentaire(s) Imprimer le billet
INTRODUCTION
Bonjour à toutes, à tous, et bienvenue.
Jusqu'à fin décembre, j'alimenterai ce blog en sons, en images et en films qui se rapportent à la problématique de l'immigration.
Migration sud-nord actuelle, réactions politiques et personnelles de part et d'autre, droit d'asile, intégration, promiscuité culturelle, vision du paradis helvétique des uns...et des autres, racisme, mesures économiques, ignorance, peur, emploi, mariages, grands mouvements migratoires en Europe depuis l'Antiquité, enfants, transit, familles simples ou doubles, confiance, passeports, permis a, b, c, permis de travail, méfiance, foulards, intégrisme, tolérance.....................................................................(....)
Et tout sera livré en vrac, parce que je ne peux pas faire d'ordre là-dedans. Trop compliqué.
Je cherche, c'est tout. Entre ce que je trouve et ce que je vous livrerai, c'est mon affaire et mon travail.
Jusqu'au 5 novembre, je me prépare ici, à Bienne. Ensuite, le 5 au soir je suis à Madrid. Après, c'est le bleu.
J'ai prévu l'Andalousie, les plantations de fraises et de tomates de là-bas et les gens pas chers qui y travaillent. Et puis, Tarifa. Paradis des surfeurs le jour et port d'arrivée des clandestins la nuit. Et l'enclave espagnole de Ceuta au Maroc: les gens y parlent d'immigration clandestine plus librement qu'ailleurs. Enfin, il paraît...
Et finalement, le nord du Maroc et ses côtes.
Mais on verra. Parce que je ne prévois rien de plus, et je ne réserve jamais d'hôtel. Je suis à la merci des transports publics, de la météo, des gens, du hasard... Et surtout, je suis une fille seule qui doit s'adapter continuellement aux situations.
Toutes vos remarques, commentaires, réflexions, confidences et coups de gueule sont bienvenus. N'hésitez pas non plus à me signaler les fautes d'orthographe ou les problèmes techniques. Comme Pascale, je vous recommande le port du casque; ça ira aussi sans, mais c'est moins joli.
15.10.2008 14:08 Lien permanent 0 Commentaire(s) Imprimer le billet



